amistadVos avis et critiques
- Fiche complète du film, ajoutée par phab le 28 Juil. 2009
- - sa note :

C'est un acte de courage, et la douleur sur un visage, qui ouvre le nouveau film de Steven Spielberg. En quelques plans très saccadés, Spielberg fait monter l'adrenalyne, excite le spectateur, puis le choque avec une mutinerie sanglante, mais d'époque. La détermination dirige le destin du héros, Sengbe (Cinque), comme le montage de Steven Spielberg.
Amistad livre un scénario classique, purement américain dans ses rebondissements, incluant un flash back sur le "Passage du milieu" en plein milieu du film. Et comme un bateau qui traverse l'océan, il subit des tempêtes, magnifiques, des instant de grâce, et puis des moments sans vent, plats.
La frustration provient de cette alternance, de ce déséquilibre, entre un Spielberg visuellement très inspiré sur des scènes splendides et un Spielberg filmant sans profondeur des images ternes.
Le film atteint cependant son but: le message est compris, acquis, appris.
Après un holocauste en noir et blanc (La liste de Schindler), le cinéaste s'intéresse à la traite des noirs par les blancs. Une traite sauvage, bestiale, atroce, répugnante, cruelle. Filmée sans concession, sans pudeur, sans hypocrisie. Les Africains sont battus, affamés, violés, nus, humiliés.
Le film achève son réalisme avec le mélange des langues: mende, espagnol, américain. La communication est au coeur de l'intrigue. Chacun défendant ses intérêts, ses ambitions.
La traversée du bateau-négrier appartient aussi à ces souvenirs de cinéma inoubliables. Spielberg prouve sa passion pour cette histoire. Une passion qu'il filme inégalement mais utilement. Le cinéaste réussit aussi sa description d'une Espagne dorée et déclinante, d'une Amérique démocratique et religieuse, sa prise de position en faveur des Africains. A la croisée de ses opus épiques (La Couleur pourpre, L'empire du soleil, La liste de Schindler), Amistad démontre surtout la maturité du cinéma de Spielberg.
Voilà donc une oeuvre qui révolte, qui éclaire - et pas seulement un pan de l'Histoire - et un film de Steven Spielberg qui pardonne l'impair de The Lost World.
Amistad n'instruit pas réellement, ne faisant que répliquer l'Histoire. Il s'agit avant tout d'un plaisir cinématographique. Un divertissement intelligent.
phab
Critique ajoutée le 28 Juil. 2009
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