Londres, 19ème siècle. Issue du folklore anglais, Sweeney Todd raconte l'histoire morbide d'un barbier, Benjamin Barker, condamné à tort par un juge corrompu et exilé en Australie pour purger sa peine, d'où il s'évade quinze ans plus tard. Décidé à retrouver sa femme et son enfant, il retourne en Angleterre sous le nom de Sweeney Todd, mais découvre que le fameux juge est sur le point d'épouser sa fille ! Désespéré, il plonge peu à peu dans la folie et décide de prendre sa vengeance. Se met alors en place un monstrueux carnage…
Avec la collaboration de Madame Lovett, amoureuse de lui depuis toujours, il tranche la gorge de ses clients, pendant qu'elle accommode les corps dans ses fameuses tourtes à la viande.
Voir la fiche complète du film >>
Cet avis a été ajouté par phab le 02 Juill. 2009
C'est en ce début d'année 2008 que s'annonce le grand retour d'un génie trop souvent critiqué parce qu'il a délaissé son univers merveilleux aux exigences Hollywoodiennes. Vous l'aurez compris, je parle de Tim Burton...
Bien sûr, le metteur en scène garde certaines de ses habitudes, et l'on retrouve donc un Johnny Depp, qui fait une nouvelle performance d'acteur (oubliez le pirate schizo), et se révèle tout simplement terrifiant, autant sur le jeu d'acteur que sur sa voix, roque mais toujours entrainante, soit totalement en accord avec ce personnage de Sweeney Todd à la fois détestable et attachant. Avec lui, la toute aussi excellente Helena Bonham Carter qui prête son teint (et sa voix) excentrique au service d'une cuisinière qui se clame comme la pire de tout Londres. A eux deux, Todd et Lovett vont entrainer le spectateur dans une aventure passionnante au coeur de l'Angleterre Victorienne, génialement dépeinte, plus oppressante que jamais, et dans lequel évoluent des personnages intriguant, à l'image du succulent barbier charlatan incarné par Sacha Baron Cohen, l'inépuisable Alan Rickman ou de jeunes acteurs très prometteurs.
Mais, et pourquoi cette appellation R-Rated, me direz-vous ? Eh bien, Burton a déclaré lui même son attention de réaliser un hommage aux films d'horreur baroques. Pari réussi, avec des séquences de meurtres sanguinolentes, le tout baigné dans une atmosphère morbide, ça peut provoquer le malaise (3 personnes ont quitté la salle, pour mon cas). Violent, oui, mais tout aussi poétique que ironique, comme le prouvent les géniales chansons composées par Stephen Sondheim, qui peuvent aussi bien chanter l'Amour (fabuleuse chanson de Mrs.Lovett, sur ses rêves et espoirs) ou le Cannibalisme.
Bref, vous l'aurez compris, Sweeney Todd n'est pas un film comme les autres. Dérangeant, entrainant mais passionnant, il marque avant tout un grand détour dans l'oeuvre de Burton, et s'avère donc comme le premier chef d'oeuvre de l'année.
Voir la fiche complète du film >>